12 septembre 2011
Les ventes mondiales d’ordinateurs personnels stagnent, alors que celles des tablettes explosent, créant de nouveaux modes d’interaction entre les marques et leur clientèle.
«Lorsque les Etats-Unis étaient une nation agricole, tout le monde roulait en camion. Mais dès lors que les véhicules commencèrent à être utilisés dans les centres urbains, les voitures devinrent populaires. Je pense que les PC vont connaître le même sort que les camions: ils existeront toujours, mais de moins en moins de personnes vont les utiliser.» Quand il prononce ces quelques mots en mai 2010 dans le cadre d’une conférence réunissant les principaux acteurs de l’industrie digitale, Steve Jobs a lancé l’iPad quelques jours auparavant. Le fondateur et CEO d’Apple espère secrètement que sa tablette – version géante de l’iPhone, qui connaît un succès fulgurant depuis sa commercialisation en juin 2007 – sera à l’ordinateur personnel ce que la voiture a été au camion.
Une année plus tard, les chiffres semblent lui donner raison: la marque à la pomme a vendu près de trente millions d’iPad depuis son lancement en avril 2010, ce qui représente aujourd’hui une ligne de revenus plus importante que celle de la vente d’ordinateurs.
Selon le cabinet d’études Forrester Research, le volume de vente de tablettes aux Etats-Unis dépassera celui des PC de bureau en 2013 et, en 2015, près d’un ordinateur vendu sur quatre sera une tablette.
L’ère de l’ordinateur personnel serait donc sur le point de s’achever. Steve Jobs, qui a lui-même contribué à son avènement en lançant Apple en avril 1976, sera-t-il également l’instigateur de sa fin?

L’avenir appartient-il aux tablettes? DR
Devant la télévision ou entre amis
L’utilisation d’un ordinateur personnel répond à un rituel bien particulier: s’asseoir à un bureau, appuyer sur un bouton, attendre que la machine s’allume, saisir une souris pour déplacer un pointeur sur un écran situé devant soi, double-cliquer, taper sur un clavier puis se relever une fois le travail terminé.
Les tablettes introduisent un paradigme tout à fait différent. Légères, portables et disposant d’une interface tactile, elles s’allument presque instantanément et peuvent être utilisées en tout temps et en tout lieu. Une récente étude du cabinet Nielsen montre que 70% des utilisateurs de tablettes consultent leur appareil devant la télévision, 57% dans leur chambre à coucher et 44% lorsqu’ils sont en présence d’amis ou de leur famille. Cette étude indique également que l’utilisation des tablettes phagocyte une partie du temps autrefois consacré à l’ordinateur ou au smartphone, sans toutefois le remplacer entièrement. Les tablettes semblent donc s’imposer comme une catégorie d’appareils à part entière, située entre l’ordinateur et le téléphone portable intelligent.
Interactions personnalisées
Le développement des tablettes constitue une formidable opportunité pour les marques horlogères. Le format, les capacités multimédia ainsi que l’interface tactile des tablettes leur offrent en effet la possibilité de présenter leurs collections d’une façon plus personnelle et émotionnelle.
L’utilisation croissante d’Internet joue également un rôle moteur dans la popularisation des tablettes. Moins puissantes que les ordinateurs de bureau et disposant d’un système d’exploitation moins évolué, les tablettes permettent toutefois de naviguer sur le Web, de s’informer, de gérer ses e-mails, d’interagir avec ses amis sur les réseaux sociaux ou encore d’effectuer des achats en ligne, etc. Selon une étude de Morgan Stanley, le nombre d’internautes mobiles – soit ceux utilisant une tablette ou un smartphone – devrait dépasser le nombre d’internautes utilisant un ordinateur dès 2014.

Dès 2014, l’Internet sera majoritairement mobile. DR
Une nécessaire adaptation des modes de communication
Même si la plupart des études annoncent une prédominance des appareils mobiles d’ici à deux ans, une marque ne peut déjà plus aujourd’hui se contenter d’envisager l’internaute assis derrière son écran, une souris à la main, comme son unique public cible. Elle doit considérer que cet internaute peut être assis dans un fauteuil, en train de fumer un cigare ou de siroter un whisky, une tablette sur les genoux, ou en train de consulter son téléphone portable lors d’un déplacement professionnel.
Cette diversification des contextes dans lesquels le client peut être amené à interagir avec les marques oblige ces dernières à mener une réflexion sur le contenu et l’expérience qu’elles souhaitent proposer à leurs publics cibles.
Nous ne sommes qu’au tout début d’un phénomène, qui est appelé à connaître une croissance importante dans les prochaines années, et le temps est à encore à l’expérimentation. Plusieurs marques horlogères ont ainsi lancé leur application iPad et la plupart d’entre elles ont compris où se situe le défi des prochaines années: comment assurer une communication et une expérience de marque à la fois unique et cohérente, compte tenu des différents modes d’interaction avec les publics cibles?
Cet article a été publié sur WorldTempus.







